Randonnée magique au Mont Batur

Il y a de ces expériences qui nous marquent pour la vie et c’est le cas de cette escapade au Mont Batur, à Bali. Je me rappellerai toujours du sentiment qui m’a envahie alors que j’admirais les couleurs de l’aube se dessiner dans le ciel. Je pourrais dire que c’était de la joie, mais c’était bien plus que ça. Ce genre de sentiment est indescriptible.

Nous devions nous lever très tôt pour prendre le transport qui nous menait au Mont Batur. À 2h30 du matin, le chauffeur de la caravane est venu nous chercher à l’hôtel. J’étais habillée avec plusieurs épaisseurs, car j’avais entendu qu’il ferait froid au sommet. Je portais une combine thermique, une veste en laine mérino ainsi que mon imperméable. Nous nous sommes mis en route dans la noirceur de Bali, toujours fatigués du réveil difficile. Il y a une chose que je n’ai pas encore mentionnée dans aucun article: en Asie, tout est toujours « bric à brac ». L’organisation est une notion bien différente de la nôtre pour les asiatiques. Cet aspect culturel m’a beaucoup déboussolée et m’a aidé à travailler ma patience, étant une perfectionniste quasi-maniaque de l’organisation. Bref, au milieu du chemin, nous nous sommes arrêtés dans un parking où une autre caravane semblait nous attendre. Nous attendions quelque chose, mais ne savions pas trop quoi. À un moment, une troisième caravane est arrivée. Notre chauffeur est débarqué, puis a discuté avec les deux autres chauffeurs. Ils ont fini par nous distribuer à chacun une petite boite contenant notre déjeuner pour le sommet, qui était inclus dans le prix. Puis nous nous sommes remis en route.

En arrivant au pied du Mont, il y avait tout un attroupement de groupes prêts à escalader. Une indonésienne est venue me voir et m’a demandé si j’étais prête. J’ai mis un moment à comprendre qu’il s’agissait de notre guide. Elle était vêtue d’un pyjama, de souliers de marche et portait une lampe frontale. Elle nous a distribué à chacun une lampe de poche puisque l’ascension se faisait dans le noir afin d’assister au lever du soleil une fois au sommet. Elle nous explique qu’être guide est son métier, qu’elle fait ce trajet tous les deux jours avec des groupes de touristes. Nous nous sommes finalement mis en route.

Les 15-20 premières minutes furent faciles. Nous cheminions sur une route de gravelle, quasi à plat. Comme j’ai bien vite commencé à avoir chaud sous mes 3 couches de vêtements, j’ai attaché ma veste à ma taille ainsi que mon imperméable qui commençaient à devenir humides. Tranquillement, la montée est devenue de plus en plus abrupte, pour ne devenir que de l’escalade sur des rochers. Le chemin était bordé par des ravins par endroits, ce qui m’a donné le vertige à plusieurs reprises. Heureusement qu’il faisait noir et que je n’ai pas vraiment pu voir ce qui se trouvait en bas!

Comme nous étions quelques centaines de randonneurs et que chacun avait une lampe de poche pour éclairer la route, nous pouvions observer une trainée scintillante traçant la route jusqu’au sommet dans l’obscurité. Le ciel noir était parsemé d’étoiles, c’était tout simplement magnifique. J’ai pris quelques minutes pour m’arrêter et profiter de la beauté du moment.

J’ai trouvé la dernière demi-heure de montée très difficile. L’inclinaison du chemin qui précédait le sommet était assez élevée et la route était sablonneuse, nos pieds glissaient sans cesse. Différents guides nous tendaient la main pour nous aider à nous hisser plus haut sans risque de tomber.

Une fois au sommet, j’étais détrempée de la tête aux pieds. J’ai retiré mes vêtements humides qui me donnaient froid. Nous avons pris notre petit-déjeuner en admirant le ciel qui commençait à se colorer de magnifiques couleurs pastels, puis le Mont Rinjani, plus haut sommet de Lombok, se donnait en spectacle juste devant nous. Je suis restée assise plusieurs minutes à contempler la scène, totalement ébahie. En regardant le magnifique panorama qui s’offrait à moi, je ne pouvais m’empêcher de penser à la chance que j’avais d’assister à quelque chose d’aussi grandiose. Les beautés dessinées par la nature sont les plus belles et me causent toujours tout un tas d’émotions . Je me trouvais chanceuse, mais pas chanceuse de voyager. Je considère que voyager n’est pas une chance. Comme le dit le dicton,  on créée sa propre chance. Je me trouvais plutôt chanceuse d’avoir la capacité de voyager, autrement dit d’avoir la santé et d’avoir la chance d’être née au Canada. Plusieurs prennent cette chance pour acquis, mais on doit se rappeler que ce n’est pas donné à tout le monde de vivre dans un pays libre qui donne accès à l’éducation. J’ai donc remercié la vie de me permettre d’assister à ce lever de soleil magique et riche en émotions, à des milliers de kilomètres de mon petit chez moi.

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