Quand la passion du voyage te pousse à t’endetter

Comme je ne suis pas du tout économe, j’ai été confrontée assez rapidement au problème que peut poser le financement d’un voyage. Mon désir de découvrir le monde malgré mon compte en banque peu garni m’a poussée à me tourner vers le crédit. Je ne suis probablement pas la première ni la dernière globe-trotteuse à agir de la sorte pour assouvir son besoin de voyager.

La première fois que j’ai eu recours au crédit pour financer un voyage, c’était lors de ma formation de sauveteur océanique à Hawaii. J’avais réussi à amasser la quasi totalité du montant total à débourser pour ce voyage (ce qui constitue un véritable exploit en soi, dans mon cas!), je n’ai eu besoin d’emprunter que 200$ à la fin du voyage. Cette solution de dépannage s’est rapidement transformée en principal moyen de financement pour mon voyage en France, puis j’ai répété la même erreur lors de mes trois mois de pérégrinations en Asie. Pour ces deux derniers voyages, je n’avais pas un sou de côté, mais je ne voulais pas m’empêcher de vivre ces deux expériences pour rien au monde. La solution pour partir sans argent? Une marge de crédit étudiante. J’ai l’air d’en parler comme si c’était la solution magique, mais il n’en est pas ainsi. D’ailleurs, ça me fait penser, dans la série télévisée Once upon a time, quand ils disent  « magic always comes with a price« . Cette citation s’applique parfaitement au crédit. Il est facile de se laisser séduire par l’idée d’avoir 5000$ à sa disposition sur sa marge de crédit. Habitant encore chez mes parents et n’ayant aucune obligation financière, je me suis laissée prendre au piège. Je ne regrette pas ces voyages et j’assume l’entière responsabilité des conséquences financières qu’ils ont entraînées, mais disons que j’ai tiré une bonne leçon de ces expériences et je ne compte plus me mettre dans cette position pour le moins inconfortable.

Lorsque j’ai choisi d’emprunter de l’argent à la banque la première fois pour me payer un voyage, j’avais l’impression de m’acheter la liberté. Je me suis rendue compte seulement un peu plus tard que cette sensation agréable n’était que temporaire. En décidant de payer ton voyage à crédit, tu dois t’encrer dans la tête qu’à ton retour, tu seras endetté et tu devras retourner travailler rapidement.  Fini le rêve, retour brutal à la réalité. À mon retour de France à l’été 2015, j’étais devenue totalement accro au voyage. Je commençais à envisager de partir en tour du monde, mais l’état de mes finances m’a assez vite ramenée à la réalité. J’ai dû travailler durant trois mois à temps complet avant de réussir à rembourser presque la totalité de mes dettes. Ces trois mois ont été très pénibles, car mon coeur me criait que je devais repartir et je ne pouvais pas, car j’avais l’obligation de rembourser mes dettes. C’est devenu un facteur de stress important, car je me sentais prise au piège.

J’ai profité en masse de mes voyages payés à crédit, mais les conséquences de mon dernier périple en Asie se font encore sentir, même un an après mon retour. Ma principale erreur a été de penser que je pouvais voyager sans couper ailleurs en compensant avec une marge de crédit. Maintenant, je comprends que selon ma situation financière, je n’ai pas le loisir de voyager en conservant un train de vie aisé. En choisissant de mettre le voyage au centre de mes priorités, cela implique que je dois faire des sacrifices et couper sur d’autres choses qui me tiennent à coeur afin d’économiser pour le voyage avant de partir.

La morale de cet article : le crédit est un moyen alléchant de se permettre de voyager, mais il faut savoir peser les avantages et les inconvénients. Il faut aussi comprendre la nuance entre l’utilisation du crédit pour dépanner pour un petit montant et l’utilisation du crédit comme principal moyen de financement du voyage. Commencer sa vie en étant endetté (dans mon cas), ça part ben mal. Il y a moyen d’utiliser le crédit de manière intelligente, et je vous recommande fortement d’y penser à deux fois avant de vous laisser séduire par l’idée de financer un voyage complet à crédit. Je pense qu’il vaut mieux travailler fort avant le départ pour avoir la conscience tranquille à son retour.

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