Péripéties sur l’île de Lombok

À notre retour de Nusa Lembongan, Camille et moi avons décidé de suivre nos amis français sur l’île de Lombok. Cette portion du voyage a connu son lot d’aventures, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le soir même de notre arrivée, une famille de locaux sont venus nous aborder, ébahis de rencontrer des femmes blanches aux cheveux blonds. C’est que l’île de Lombok n’attire pas autant de touristes que sa voisine, Bali. Nous avons discuté longuement avec eux et avons même participé à une séance photo improvisée. C’est là que j’ai eu ma photo avec la petite Aicha. Déjà là, ça commençait plutôt bien notre séjour à Lombok. Petite anecdote à part ; j’ai appris que l’Indonésie était un pays musulman juste avant d’y aller. Avant ça, je croyais que la principale religion était le bouddhisme ou l’hindouisme. Déjà, l’islam est beaucoup plus présent à Lombok qu’à Bali. On y entend régulièrement les chants des prières, ce qui n’est pas le cas à Bali. Lorsque je me fermais les yeux, je me serais parfois crue au Moyen-Orient. Je me suis rendue compte que j’associais beaucoup l’islam au Moyen-Orient, car ça me faisait tout drôle de voir les indonésiennes voilées. C’est aussi ça que j’aime du voyage : on élargit nos horizons en apprenant des choses dont nous ne nous serions pas douté sans l’avoir vu ailleurs.

Le lendemain de notre arrivée, nous sommes parties avec nos amis français pour nous rendre à Kuta, au Sud de l’île. Le trajet de voiture a duré 2h, mais c’était de loin le plus agréable de ma vie. Alors que je regardais par la fenêtre du mini-van dans lequel nous prenions place, j’étais carrément en transe. J’écoutais ma musique sur mon iPhone et j’avais des frissons qui me parcouraient tout le corps. Le voyage me fait vraiment cet effet-là. Les beaux paysages et la découverte d’autres cultures me rendent vraiment émotive, sans blague. Je me souviens avant de partir pour l’Indonésie, j’ai écouté un documentaire de Solidream dans lequel 4 garçons nous font vivre avec eux des extraits de leur tour du monde. J’ai pleuré tellement je trouvais ça débile. Bref. La ride jusqu’à Kuta m’a rappelé ce moment-là. Découvrir, admirer, contempler, comprendre et vivre. C’est tout ce que je demande pour être heureuse. Je me remémore de cette journée avoir passé devant des mosquées, devant des groupes d’écoliers qui portaient des sacs d’école trop grands pour eux. On a croisé deux fillettes d’environ 6 ou 7 ans. Elles roulaient sur le même vélo, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Les voitures les frôlaient presque, mais elles s’en fichaient. C’est normal ici. Comme c’est normal de voir des familles entières se promener sur un scooter, pas de casque, avec des planches de bois installées en travers du scooter en guise de siège pour la marmaille. Nous avons pu vraiment voir comment les locaux vivent, même en ne faisant que passer en voiture. J’ai vraiment l’impression d’avoir découvert le vrai visage de l’Indonésie à ce moment-là. Je sentais mon coeur battre fort pendant que l’Indonésie se donnait en spectacle devant mes petits yeux de jeune fille début vingtaine, assoiffée de découverte et d’aventure. J’ai adoré Lombok, que je décrirais comme une île authentique et fidèle aux racines indonésiennes, avec des paysages magnifiques.

À Kuta, nous avons rencontré 3 québécoises dans la quarantaine qui nous ont suggéré quelques endroits à visiter à Lombok, dont le purimas spa. Pour 30$ CAN, nous avons eu droit à un massage d’une heure et avons eu l’accès à la piscine et aux bains pour la journée. Camille et moi avons donc décidé d’y passer l’après-midi la journée suivante pour relaxer avec un bon livre et notre musique. La journée a vraiment été parfaite, le massage nous a fait un grand bien. Nous étions rendues sur la fin de notre journée, nous attendions notre souper sur le bord de la piscine lorsque soudainement, la terre s’est mise à trembler dans un bruit assourdissant. J’ai été figée pendant une fraction de seconde, puis j’ai regardé autour de moi. Tout tremblait, on aurait dit que les arbres et les bâtiments allaient nous tomber dessus. Mes souvenirs des événements sont flous, ça s’est passé très vite. La secousse a duré environ 30 secondes, mais ça m’a semblé une éternité. Je me souviens d’avoir vu les employés du spa sortir dehors en courant, en panique. Je les regardait en espérant comprendre ce que nous devions faire, je croyais qu’ils devaient être préparés à ça, mais non. Ils étaient tous aussi paniqués que nous. Je me souviens seulement d’avoir crié : « What the f*ck, c’est quoi ça?! », alors que Camille était figée et ne disait pas un mot. Je me suis vraiment sentie impuissante, comme si je devais attendre la suite sans savoir quand ça s’arrêterait. J’ai même cru que c’était la fin du monde (j’ai beaucoup d’imagination et je suis légèrement dramatique par moment). Finalement, la secousse s’est terminée puis les locaux ont repris leurs activités comme si de rien était. J’avais les jambes molles et je shakais comme une feuille, j’ai même pensé m’évanouir pour la première fois de ma vie. Camille et moi en avons parlé pendant encore au moins 1h après, sous le choc. Notre souper est finalement arrivé, mais nous n’avions plus très faim. Le soir même, j’étais super nerveuse. Dès que j’entendais un bruit, j’avais peur que ça soit un nouveau tremblement de terre. Finalement, ça a fini par me passer le lendemain.

Comme si nous n’avions pas vécu assez de drama à Lombok, j’ai attrapé une bactérie inconnue qui m’a rendue très malade. Dès l’apparition des premiers symptômes, j’ai tout de suite décidé de prendre mon antibiotique prévu cet effet. Heureusement, les antibios ont fait effet et j’étais remise sur pieds après seulement 48h. Toutes ces mésaventures nous ont un peu donné le mal du pays, nous avions envie de retourner à Bali à notre auberge de Seminyak où nous nous sentions comme à la maison. Les « bad luck » font partie du voyage et on vit avec, je me dis que j’aime mieux être malade sous les palmiers qu’au Québec à me morfondre dans mon lit et en effet, même si j’étais malade, j’ai préféré aller m’allonger à la plage, ce qui m’a probablement aidé à garder le moral.

Nous n’avons passé que 3 jours à Lombok. Nous sommes finalement retournées à Bali, car nous tenions aussi à suivre nos amis qui y retournaient pour visiter Ubud avant de quitter pour le Népal. Au moment où j’écris cet article, nous avons passé 5 nuits et 6 jours à Ubud et je suis de retour à Seminyak depuis environ 5 jours (je perds vraiment la notion du temps en voyage). À chaque fois que nous devons dire au revoir aux amis que l’on se fait sur la route, la journée suivante est un peu plus difficile. Cam et moi avons décidé de remédier à ça en allant nous faire masser, deux fois plutôt qu’une.

Toutes ces aventures, qu’elles soient bonnes ou moins bonnes, m’ont forgé des souvenirs merveilleux. Avec le recul, je considère qu’elles me font tout un tas d’histoires à raconter. Je retournerais à Lombok n’importe quand pour y revivre chaque instant que j’ai vécu à ce moment-là.

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